Clotilde (ou Chrodichildis), née vers 475 et morte vers 545 à Tours, est une princesse burgonde devenue reine des Francs par son mariage avec Clovis Ier. Catholique convaincue, elle joue un rôle central dans la conversion du roi et reste, dans la mémoire chrétienne, l’épouse qui oriente la dynastie mérovingienne vers l’Église de Rome.

Origines burgondes

Elle est la fille du roi burgonde Chilpéric II et de Carétène (parfois nommée Agrippine). La famille règne sur un royaume centré sur la vallée du Rhône et la Sapaudia (Savoie). Dans les années 480-490, des luttes intestines opposent les fils de Gondioc : Chilpéric II et Gondemar disparaissent ; Gondebaud et Godegisile restent les maîtres. Clotilde grandit dans ce contexte de cour burgonde déjà marquée par le christianisme (souvent sous forme catholique pour certaines élites, tandis que d’autres princes restent ariens).

Mariage avec Clovis

Vers 493, elle épouse Clovis, encore païen, roi des Francs saliens. Le mariage a une dimension diplomatique : lien entre Francs et Burgondes. Clotilde obtient le baptême de ses enfants selon le rite catholique et multiplie, selon Grégoire de Tours, les pressions pour convertir son époux. La tradition lie la victoire de Tolbiac et le vœu de Clovis à cette influence.

Après la mort de Clovis (511)

Veuve, elle voit le royaume partagé entre les fils : Thierry (d’un autre lit), Clodomir, Childebert et Clotaire. Elle pousse ses fils à intervenir contre les Burgondes (années 523-524), en mémoire des crimes attribués à Gondebaud contre sa famille. Après la mort de Clodomir à Vézeronce (524), le sort de ses petits-fils — dont deux sont éliminés par Clotaire et Childebert — assombrit la fin de sa vie. Elle se retire vers Tours, près du tombeau de saint Martin, et meurt en odeur de sainteté.

Héritage

Canonisée par la tradition catholique, sainte Clotilde symbolise l’alliance du pouvoir franc et de l’Église. Sans elle, le baptême de Clovis — pierre angulaire du récit national français — n’aurait sans doute pas la même place dans l’historiographie et la mémoire collective.

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