Les Carolingiens succèdent aux Mérovingiens en 751. Issus des maires du palais d’Austrasie, ils portent le royaume franc à son apogée sous Charlemagne, avant que partages successoraux et invasions ne fragmentent l’Empire et n’ouvrent la voie aux Capétiens.
Pépin le Bref : la fondation (751-768)
En 751, Pépin le Bref, maire du palais, dépose le dernier roi mérovingien Childéric III avec l’appui du pape. En 754, le pape Étienne II sacre Pépin, son épouse Berthe et leurs fils Carloman et Charles : naît ainsi une royauté de droit divin liée à Rome.
Pépin intervient en Italie contre les Lombards, protège la papauté et achève la conquête de l’Aquitaine. À sa mort en 768, le royaume est partagé entre Charles et Carloman. La mort de Carloman en 771 permet à Charles de réunir l’ensemble des territoires francs.
Charlemagne : conquête et Empire (771-814)
Charlemagne mène de longues campagnes : Lombardie (774, il devient roi des Lombards), Saxe (soumise après des décennies de guerre), Bavière, marches d’Espagne. L’expédition de 778 se solde par le désastre de Roncevaux, immortalisé plus tard par la Chanson de Roland.
Le 25 décembre 800, à Rome, le pape Léon III le couronne empereur romain d’Occident. Charlemagne organise l’Empire par des missi dominici, favorise l’école et la réforme de l’écriture (minuscule caroline), et fixe sa capitale à Aix-la-Chapelle. Il meurt en 814 ; son fils Louis le Pieux lui succède.
Louis le Pieux et la crise de succession
Louis le Pieux (814-840) tente d’organiser la succession (Ordinatio Imperii, 817), mais les rivalités entre ses fils — Lothaire, Louis le Germanique, Pépin d’Aquitaine, puis Charles le Chauve — provoquent révoltes et dépositions. À sa mort en 840, la guerre civile reprend.
Le traité de Verdun (843)
Après la défaite de Lothaire à Fontenoy (841) et les serments de Strasbourg (842), le traité de Verdun (843) partage l’Empire en trois :
- Lothaire — Lotharingie (bande médiane, titre impérial)
- Louis le Germanique — Francie orientale (germes de l’Allemagne)
- Charles le Chauve — Francie occidentale (germes de la France)
Ce partage est souvent considéré comme un moment fondateur de la géographie politique de l’Europe occidentale.
Invasions et affaiblissement
Dès le milieu du IXe siècle, les Normands remontent les fleuves : Paris est menacée (845), Charles le Chauve doit souvent acheter leur départ. Le pouvoir central s’érode ; les grands s’affirment. Le capitulaire de Quierzy (877) reconnaît l’hérédité de nombreuses charges, accélérant la féodalisation.
En 911, Charles III le Simple conclut l’accord de Saint-Clair-sur-Epte avec Rollon : naissance du duché de Normandie et relative fin des grandes raids dans la région.
Chronologie essentielle
- 751 — Pépin le Bref roi ; fin des Mérovingiens.
- 754 — Sacre pontifical de Pépin et de ses fils.
- 768-771 — Charles et Carloman ; réunification sous Charlemagne.
- 774 — Conquête de la Lombardie.
- 778 — Roncevaux.
- 800 — Couronnement impérial de Charlemagne.
- 814 — Mort de Charlemagne ; Louis le Pieux empereur.
- 843 — Traité de Verdun.
- 845 — Normands à Paris.
- 877 — Quierzy ; mort de Charles le Chauve.
- 911 — Saint-Clair-sur-Epte (Normandie).
- 987 — Élection de Hugues Capet : fin effective de la dynastie en Francie occidentale.
Fin de la dynastie en Francie occidentale
Aux Xe siècle, le titre royal carolingien s’affaiblit face aux grands (Robertiens, ducs de France). Eudes, puis d’autres non-carolingiens, sont élus. Le dernier roi carolingien de Francie occidentale, Louis V, meurt en 987 sans héritier direct. Les grands choisissent Hugues Capet : commence la dynastie des Capétiens, qui dominera le Moyen Âge français.
Héritage
Les Carolingiens transmettent l’idée d’un Empire chrétien d’Occident, un modèle d’administration (comtes, missi), une renaissance culturelle (écoles, manuscrits) et le cadre du futur royaume de France issu de la Francie occidentale. Charlemagne reste la figure centrale de cette mémoire.
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