Le biface est l’outil emblématique du Paléolithique ancien et de l’Acheuléen : une pièce de pierre taillée sur les deux faces, souvent de contour amandal, ovalaire ou triangulaire. Il apparaît en Afrique de l’Est et se diffuse en Europe et en Asie, y compris sur les sites de la Préhistoire française.

Fabrication

Le tailleur part d’un galet, d’un bloc ou d’un grand éclat. Par enlèvements successifs alternés sur les deux faces, il obtient un bord tranchant continu et une forme régulière. Les plus soignés montrent un équilibre de volume et une symétrie qui impliquent anticipation et savoir-faire. Le percuteur est d’abord dur (pierre), puis parfois plus tendre pour affiner le tranchant.

Usages

Le biface est un outil polyvalent : découpe de viande, travail du bois ou de l’os, éventuellement jet ou fouille. Ce n’est pas une « hache emmanchée » au sens moderne : il se tient souvent à main nue. Sur un même site, il coexiste avec des éclats bruts et d’autres outils plus spécialisés.

Diffusion et datation

Afrique : exemplaires dès ≈ 1,6 Ma (Olduvai, Turkana…). Europe : l’Acheuléen accompagne les peuplements de type Homo erectus / heidelbergensis ; en France, le contexte de l’Homme de Tautavel et d’autres gisements du Pléistocène moyen en livrent de nombreux. Le biface reste parfois utilisé au Paléolithique moyen, aux côtés des outillages sur éclats de l’Homme de Néandertal.

Du biface aux lames

Au Paléolithique récent, Homo sapiens privilégie les lames et outils sur supports allongés (grattoirs, burins, pointes). Le biface n’est plus le centre de l’industrie, mais il reste le symbole de la première grande « standardisation » technique du Paléolithique.

Repères

  • Afrique — Origine des plus anciens bifaces.
  • Acheuléen — Période de diffusion maximale en Eurasie.
  • France — Présent dans les sites du Paléolithique ancien (ex. Tautavel).
  • Suite — Moustérien (éclats) puis industries sur lames (Sapiens).

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